“Le baiser du mammouth” d’Antoine Dole, mon coup de cœur jeunesse !

Ecrire un roman Monia Boubaker

 

Et voilà un bien joli trésor de la littérature jeunesse que j’ai découvert tout récemment, et que je m’empresse de vous faire découvrir à mon tour !

En premier lieu, je n’ai pu résister à une aussi jolie couverture, réalisée par Jess Pauwels, une illustratrice dont j’apprécie de plus en plus le travail et que j’admire pour ses dessins au trait précis, délicat, et aux couleurs toujours lumineuses. (Rappelez-vous, c’est elle qui a illustré la série de livres jeunesse H.E.N.R.I que j’avais adorée !)

 

Le baiser du mammouth Antoine Dole

“Le baiser du mammouth” d’Antoine Dole, paru chez Actes Sud Junior. Photo Monia Boubaker

 

« Le baiser du mammouth » est un petit livre fin d’à peine 80 pages, sans illustrations à l’intérieur, édité par Actes Sud Junior dans la collection Premier Roman. J’ai découvert pour la première fois la plume d’Antoine Dole et j’ai véritablement été séduite. Ce texte est un petit bijou de la littérature jeunesse empli de sensibilité, d’innocence, de positivité ; j’en ai savouré chaque mot.

 

Le baiser du mammouth Antoine Dole

 

Dans « Le baiser du mammouth », on fait la connaissance d’Arthur, un petit garçon de 9 ans, qui a une amoureuse. Cette amoureuse, c’est Fiona (même si elle ne le sait pas !), et c’est la meilleure amie de sa grande sœur Louise. Un seul petit problème : Fiona a 15 ans. Alors comment pourrait-elle s’intéresser à un petit de 9 ans ? À moins qu’Arthur trouve un plan pour réduire cette fameuse différence d’âge qui l’empêche de vivre sa première et belle histoire d’amour…

 

(…) Ça fait partie de ces détails qui prouvent qu’on est faits l’un pour l’autre. Ainsi que, en vrac et dans le désordre : elle aime les jeux vidéo, comme moi. Elle aime regarder Fort Boyard, comme moi. Elle retire les cornichons de ses hamburgers, comme moi. Bon, elle aime les crêpes au sucre et moi je les préfère au Nutella, mais je veux bien faire un effort pour elle.

Quand je l’écoute parler, mon oreille collée contre la porte de la chambre de Louise, je suis d’accord avec tout ce qu’elle dit, même si je ne suis pas bien sûr de comprendre ; ces choses qu’elle trouve « stylées » et ces trucs qui lui mettent le « seum ». Comme j’ai lu que « Qui se ressemble s’assemble », tout ça m’arrange bien. Mais comme j’ai aussi lu que les opposés s’attirent, j’ai mis d’autres informations de côté : les parents de Fiona ont glissé des éclats de soleil dans ses cheveux alors que les miens sont pleins de restes de nuit. (…)

 

(…) Y a juste un truc.

Un seul problème.

Un détail peut-être, mais ça bloque, ça coince.

Quand je déclare à Fiona que je la trouve trop chouette, elle me pince la joue et me répond que je suis trop mignon avant de se remettre à parler avec Louise.

Quand je lui dis qu’elle est super belle, elle me fait un bisou sur le front et secoue mes cheveux d’une main avant de tourner la tête ailleurs.

Et quand je lui dis que j’aime bien être avec elle, elle pose une main sur mon épaule et me répète que je suis très gentil, c’est tout.

Mais je veux ni être mignon ni être gentil. Ni qu’elle me pince la joue. Ni qu’elle ébouriffe mes cheveux. Je veux être son amoureux.

Chaque fois, je me sens comme un petit machin qui sert à rien, un bidule de pas d’importance.

Parce que Fiona a quinze ans.

Et moi seulement neuf. (…)

 

Je voulais vous mettre un seul extrait mais je n’ai pas pu choisir entre ces deux-là, c’était trop difficile !

Alors voilà, « Le baiser du mammouth », c’est un grand coup de cœur. Un livre jeunesse que je conseillerais aux petits lecteurs à partir de 8 ans, dont l’histoire est racontée avec finesse, délicatesse et humour, par une plume douce et sensible.

Qui nous raconte comment un petit garçon de 9 ans sent son petit cœur battre la chamade pour la première fois. Qui nous prouve aussi, encore une fois, que l’amour peut nous faire faire des choses folles et nous faire déployer des trésors d’imagination !

Une histoire un brin poétique qui nous rappelle aussi une chose : que c’est vraiment beau d’être amoureux !

 

“La Marque” d’Anne Bardelli, une enquête sans temps morts parmi les vampires !

Non, non, vous ne rêvez pas, c’est bien moi qui vais vous parler de vampires dans cette chronique !

Aujourd’hui, je vous présente un livre qui a été une très bonne surprise ! Tout de suite, je vous en dis un peu plus sur « La Marque », écrit par Anne Bardelli.

 

La Marque - Anne Bardelli

“La Marque”, roman d’Anne Bardelli, paru aux Éditions du petit caveau et disponible également en format numérique.

 

Il y avait un petit moment que j’avais repéré ce livre, et l’enquête policière évoquée dans le résumé m’attirait beaucoup… sauf que j’ai aussi pensé : « Mince… il y a des vampires… » ! Et ceux qui me connaissent bien et me lisent régulièrement ici, savent que les univers science fiction, fantasy, où s’y baladent des créatures telles que vampires, loups garous, elfes ou autres du genre, ne m’attirent pas vraiment, et les livres auxquels j’accroche se font finalement assez rares.

Malgré tout, je suis restée avec cette envie de lire “La Marque“, mais sans trop oser sauter le pas !

Et puis Anne m’a proposé de m’envoyer son livre, et j’ai alors tout de suite accepté ! (Merci beaucoup Anne !!) Et il faut dire que j’ai bien fait, car j’ai vraiment beaucoup aimé cette lecture ; à tel point que je lirai avec grand plaisir une seconde enquête de l’agent spécial Léa Bacal !

 

Un petit aperçu de l’histoire :

Alors qu’elle rentre pour les vacances de Noël, Léa Bacal, une jeune étudiante, découvre sa famille massacrée.
Des années plus tard, afin d’exorciser sa douleur, elle est devenue membre du GIAR, le Groupe d’Intervention Anti-Renégat, un organisme qui se charge d’éliminer les vampires et autres créatures qui ne rentrent pas dans le rang.
Qui est ce type étrange qu’elle croise lors de ses enquêtes ? Aurait-il une relation avec celui qui a causé la mort des siens six ans plus tôt ?

 

(…)

Je regardais tout cela sans vraiment le voir et grelottais, assise sur une chaise en formica, enveloppée dans une couverture de survie. Pas à cause du froid. Ce tremblement incoercible me secouait depuis le moment où j’avais mis les pieds dans le salon quelques heures plus tôt. Dans cette cuisine où plus aucun petit plat ne mijoterait, je me tenais voûtée, amorphe, apathique. Morte. Toute cette agitation ambiante me paraissait tellement lointaine, comme si elle appartenait à une dimension parallèle qui ne me concernait pas. Les personnes autour de moi bougeaient au ralenti, les sons me parvenaient étouffés, assourdis. J’étais loin. Ailleurs. Dans une bulle protectrice. Mon cerveau s’était déconnecté. Le corps humain est bien fait, il sait s’auto-protéger.

Un flic s’approcha et me tendit une tasse de café .

– Tenez, Mademoiselle Bacal, ça vous fera du bien.

Sa voix m’extrayait aux forceps de mon cocon protecteur. Du bien, il en avait de bonnes…

Dès que j’avais allumé le lustre du salon, j’étais tombée sur mon frère. Allongé sur le tapis imbibé de sang, les yeux grands ouverts, il fixait le plafond, la gorge béante. Plus loin, près de la cheminée, la position de mon père n’était pas naturelle : à genoux près de l’âtre, la main tendue vers le tisonnier, on aurait dit qu’il cherchait à raviver le feu. Pour l’éternité. Avait-il tenté de se défendre ? Ils avaient tous deux une trace bizarre sur le front.(…)

 

La plume d’Anne Bardelli est vraiment très agréable à lire ; un style franc, direct, fluide. Le tout est extrêmement bien écrit. Je me suis plongée dans cette lecture dans laquelle j’ai été captivée depuis le premier chapitre.

Je me suis familiarisée avec ces créatures évoquées lors de l’histoire, telles les vampires, goules et lycans ; et me suis rapidement attachée au personnage de Léa Bacal, dont j’ai aimé le fort caractère. Têtue et fière, j’ai aussi été attendrie par sa sensibilité et ses blessures passées qu’elle cherche à cacher.

« La Marque » d’Anne Bardelli est un roman vraiment bien rythmé, où il y a beaucoup d’action. Je ne suis pas ennuyée un seul instant et les pages se tournent toutes seules ! J’ai particulièrement apprécié ces notes d’humour bien placées qui m’ont fait sourire plus d’une fois !

Vous l’avez deviné, voici un livre que je vous recommande, car j’ai vraiment passé un très bon moment !

« La Marque » d’Anne Bardelli est disponible au format papier aux Éditions du petit caveau, mais également au format numérique.

Lucile Finemouche & le Balafré, tome 2 : le mystère Archéoscript. Une enquête dans l’inquiétant pays des Mornes-Terres…

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Comment ? Une nouvelle enquête des deux acolytes de l’agence 3ID ??

Impatiente, j’ai vite filé lire ce deuxième tome qui a été tout aussi passionnant que le premier ! Il fallait donc que je vous en dise quelques mots à travers cette nouvelle chronique jeunesse !

Je remercie beaucoup Yomgui Dumont et Juliette Vallery pour l’envoi de ce second tome !

 

Lucile Finemouche et le Balafré, le mystère Archéoscript

“Lucile Finemouche et le Balafré, tome 2 : le mystère Archéoscript” de Juliette Vallery, Annabelle Fati et Yomgui Dumont, paru chez Actes Sud Junior. Photo Monia Boubaker.

 

Souvenez-vous, il y a quelques mois, je vous avais présenté Lucile Finemouche et le Balafré dans une première aventure : “La Dimension Chronogyre“. J’avais vraiment savouré cette toute première enquête qui débutait à Ménilville, impasse des réverbères.

Cette fois-ci, les deux partenaires partent en vadrouille pour rendre visite à la famille du Balafré, qui habite un chalet dans un lieu dit nommé Les Pouces Hauts. Mais il ne s’agit pas là d’une simple visite, car il ramène surtout à son oncle Charlie une curieuse machine à écrire, trésor familial de longue date. Et si Lucile et le Balafré (de son vrai nom Machan Mac Floherty), ont décidé de s’intéresser à cette machine, c’est parce qu’ils sont persuadés que l’objet en question cache un pouvoir, à l’instar du Chronogyre, cette montre de gousset découverte lors de leur première enquête. En effet, ils s’aperçoivent rapidement que la machine semble être conçue pour revenir à la ligne tous les six mots et qu’elle pourrait bien être l’Archeoscript, un objet magique qu’avait alors évoqué Agatha Holmes. La machine a t-elle réellement le pouvoir de modifier le cours du temps ?

Mais les enquêteurs associés ne seront pas les seuls à vouloir découvrir son secret et le Balafré devra protéger sa famille de certains ennemis aussi connus que dangereux… Une enquête qui les mènera à la découverte du pays des Mornes-Terres, jusqu’à l’inquiétant Mordred Castle

 

Lucile Finemouche et le Balafré, le mystère Archéoscript

 

 

Lucile Finemouche et le Balafré, le mystère Archéoscript

 

J’ai pris beaucoup de plaisir à lire cette nouvelle aventure de ce duo d’enquêteurs rusés auquel je commence sérieusement à m’attacher ! J’ai adoré cette atmosphère particulière, mystérieuse, étrange ; les jeux de mots, les noms atypiques, l’humour subtil ; et le côté surnaturel allié aux gadgets magiques que l’on retrouve dans leurs enquêtes fait tout l’originalité de cette série. Un régal !

(…)

– Alors c’est… ça, cette antiquité rouillée, notre trésor familial?
– Antiquité rouillée, ma machine ? Proteste oncle Charlie. Cette vieille Underwood fait partie de notre histoire. Tout de même, un peu de respect. Oui, Paige, tu peux l’ausculter.
– Avec précaution, hein, Paige, recommande le Balafré, qui connaît sa sœur (si ça ne tenait qu’à elle, l’Underwood serait sans doute déjà en pièces détachées). Onc’cha… ajoute t-il, justement, avec Lucile, on se demandait ce que tu savais exactement sur la machine.
– Eh bien, je te l’ai déjà raconté, on a été trouvés ensemble à la porte d’un couvent. Tous les deux dans le couffin, avec un message. Elle me vient donc de ma mère, que je n’ai pas connue.
Lucile essaie de se représenter Charlie, bébé, partageant son couffin avec la petite machine. Plutôt incongru.
– Et elle est cassée, souligne Paige qui pianote sur le clavier. Elle revient à la ligne tous les six mots. Curieux, comme anomalie.
– Tout ça, je le sais, mais…
– Mais elle doit bien avoir quelque chose ! Quelque chose de spécial… s’impatiente Arild. (…)

Si je vous parle du livre en lui-même, il est tout simplement magnifique ! Et l’histoire est une nouvelle fois sublimée par les illustrations de Yomgui Dumont !

 

Lucile Finemouche et le Balafré, le mystère Archéoscript

 

Dans les dernières pages, on retrouve quelques annotations et précisions telles que l’arbre généalogique des familles Holmes et Mac Floherty, la carte des Mornes-Terres annotée par le Balafré et le petit récapitulatif des objets magiques découverts au cours des deux enquêtes. D’ailleurs, ce dernier ne laisse aucun doute sur le thème du troisième tome, que j’attends avec impatience !

 

Lucile Finemouche et le Balafré, le mystère Archéoscript

 

 

Lucile Finemouche et le Balafré, le mystère Archéoscript

 

Une petite précision cependant : même s’il y a des petits rappels au cours de l’histoire, je pense qu’il est préférable de lire avant le tome 1, pour pouvoir bien saisir les allusions à certains personnages, ou certains propos.

 

Lucile Finemouche et le Balafré

 

 

Le mystère Archéoscript” est paru chez Actes Sud Junior et compte 250 pages. C’est un roman jeunesse que je conseillerais aux lecteurs à partir de 12 ans.

Encore une belle réussite du trio Annabelle Fati, Juliette Vallery, et Yomgui Dumont !
N’attendez plus et découvrez vite l’univers de Lucile Finemouche et de son acolyte le Balafré ! Vous pourriez être séduits… et surpris !




“L’affaire Bella Rosa, une enquête de Mélina Corneille”, mon premier roman !

Après des mois d’écriture, et de longues semaines passées à ré-écrire, relire, corriger, faire corriger, à concevoir la couverture… mon premier roman, “L’affaire Bella Rosa“, est enfin prêt ! Même si j’ai très peur, je suis avant tout très heureuse de vous le présenter !

Après la publication de ma nouvelle, pour cette seconde aventure, j’ai eu envie de retravailler avec Librinova. Je trouve l’équipe vraiment compétente, à l’écoute, et vraiment passionnée par leur mission d’aider et de faire connaître les auteurs.

Pour ce premier long écrit, j’ai eu envie de raconter une histoire entre voyage, suspense et humour. En tant que lectrice, ce sont trois éléments que j’aime retrouver dans les livres. Ce sera donc à vous de me dire si ce mélange vous a plu !

Alors voilà, avec “L’affaire Bella Rosa“, qui est un roman policier, je vous emmène en Italie, dans un petit coin de Toscane. Vous y ferez connaissance avec mon personnage principal, Mélina Corneille, une jeune trentenaire, gourmande de tout ce qui a l’apparence d’une pâtisserie ou autre merveille sucrée, et attirée comme un aimant par les mystères en tout genre. Mélina est un personnage qui a fait son apparition avec ma toute première nouvelle, “Dangereuses apparences” et avec qui j’ai eu envie de faire un petit bout de chemin 🙂 J’espère de tout cœur que vous l’apprécierez 🙂

 

L'affaire Bella Rosa Monia Boubaker

“L’affaire Bella Rosa, une enquête de Mélina Corneille” est parue au format numérique sur Librinova, Amazon, Kobo, notamment. Réalisation de la couverture : Monia Boubaker

 

Allez ! Sans tarder, je vous en dis un peu plus sur l’histoire ! Voici le petit résumé :

 

Enfin des vacances pour Mélina Corneille ! C’est en Italie, dans un petit village de Toscane, qu’elle a choisi de se ressourcer pour profiter pleinement de ce repos bien mérité.

À peine arrivée, Mélina fait la connaissance de Laurent et Annabelle, un couple de Français avec qui elle sympathise ; mais la mystérieuse disparition de cette dernière pourrait bien tourmenter ces vacances tant attendues. Et pas facile de résoudre cette affaire avec des employés de l’hôtel pour le moins étranges et un inspecteur atypique pas très concerné…

De plus, la jeune femme semble cacher quelques secrets et son mari ne s’avère pas savoir grand-chose d’elle…

Qui est vraiment Annabelle ? Pourquoi a t-elle disparu ?

Guidée par son instinct et son irrépressible curiosité, Mélina ne peut faire autrement que de s’en mêler !

 

Et comme je sais que vous avez envie d’en savoir plus 😉 voici le début du premier chapitre :

 

Le nez à la vitre, elle détailla l’endroit, qui lui parut assez différent des photos qu’elle avait vues sur le site internet.

– Vous êtes sûr que c’est ici ?

Le chauffeur de taxi lui décocha un regard impatient et agacé dans le rétroviseur.

Impatiente de profiter de ses vacances, elle avait, dès le début du trajet, posé quelques questions au chauffeur sur la région dans un anglais très approximatif, son italien étant inexistant. Il avait fait l’erreur de lui confier qu’il parlait quelques mots de français, information qui déclencha chez la jeune femme un nouveau flot de questions qui ne s’était pas tari jusqu’à l’arrivée. Supposant qu’il était maintenant sans doute un peu fatigué, elle n’insista pas, et se hâta de chercher son portefeuille au fond de son sac.

Grand défi.

Elle dut vider la moitié du contenu sur le siège pour enfin mettre la main sur son petit portefeuille de cuir rouge. Elle se risqua à lui jeter un coup d’œil et le vit se passer la main sur le visage en soupirant. Elle se rendit compte qu’il arrivait peut-être au bout de ce qu’il pouvait supporter. Elle régla la course en lui adressant un petit sourire gêné et sortit rapidement de la voiture pour récupérer sa valise entreposée dans le coffre. L’entendant faire ronfler le moteur pour marquer son impatience, elle essaya de faire au plus vite. Lorsqu’il démarra ensuite en trombe, la noyant dans un nuage de poussière, elle conclut qu’elle n’avait certainement pas dû être assez rapide.

Mélina se retrouva seule et leva les yeux vers cette haute grille interminable. Au travers, elle apercevait au loin, au milieu d’un jardin vert étendu et joliment fleuri, une imposante maison de pierre.

Une pancarte en bois, suspendue de manière très approximative à la grille, devait certainement annoncer le nom de l’hôtel, mais il n’était maintenant plus lisible. La peinture avec laquelle les mots avaient été tracés était passée, et le bois abîmé, mais elle n’y prêta pas attention. Elle était tout simplement heureuse de changer d’air, de quitter Bordeaux pour quelques jours.

Les derniers mois au travail avaient été difficiles, stressants, et elle aurait presque pleuré de joie en recevant dans sa boîte mail la validation de ses congés. Elle s’était ensuite imaginé devoir passer de nombreuses soirées sur divers sites Internet pour tenter de trouver « LA » destination idéale, mais sa quête de romantisme et son amour pour la cuisine l’avaient alors tout naturellement menée en Italie ; puis, son besoin de calme et de nature, vers ce petit coin de paradis situé au sud de la Toscane.

Mélina ferma les yeux, laissant le léger vent chaud caresser son visage et ses longues boucles rousses. Elle sourit, et accompagnée par le pépiement des oiseaux, poussa la lourde grille de fer forgé qui s’ouvrit dans un grincement long et strident.(…)

 

Je suis impatiente d’avoir vos avis, vos ressentis, qui sont très importants pour moi ; alors n’hésitez pas à me dire ce que vous en avez pensé !

Si vous avez aimé cette première aventure de Mélina Corneille, n’hésitez pas aussi à en parler autour de vous, et à mettre un petit commentaire sur Amazon ou encore Librinova ! Vos quelques mots donneront peut-être envie à d’autres lecteurs de découvrir “L’affaire Bella Rosa”, et ça, ce serait vraiment super ! 🙂

L’affaire Bella Rosa” est disponible sur les sites Librinova, Amazon, Kobo, notamment, entre autres e-libraires.




“Un intérêt particulier pour les morts” : une enquête captivante dans le Londres du XIXe !

Ann Granger

“Un intérêt particulier pour les morts” de Ann Granger, paru aux éditions 10-18. Photo Monia Boubaker.

 

Étant plus jeune, j’aimais énormément lire des romans policiers historiques comme ceux d’Agatha Christie et Arthur Conan Doyle bien sûr, mais aussi ceux de John Dickson Carr dont j’appréciais beaucoup le personnage principal, Sir Henry Merrivale. Cette envie m’étant revenue il y a quelques mois, je souhaitais cette fois de revenir à une époque encore plus ancienne, si possible à Londres, et me balader à travers un bon roman (policier, évidemment, vous vous en doutez 😉 ) au temps des fiacres et des grandes robes en popeline. Un souhait qui fût exaucé avec « Un intérêt particulier pour les morts » d’Ann Granger !

Pour commencer, la couverture de cette édition poche est vraiment très belle, et j’ai tout particulièrement aimé cette petite illustration qui précède le nom de l’auteure et le titre, où une ombrelle croise une loupe de détective au milieu d’une jolie arabesque ! J’aime ce genre de détails !

 

Quelques mots de l’histoire :

Londres, 1854. N’ayant plus de ressources après la mort de son père, Elizabeth Martin, -dite Lizzie- accepte un emploi de dame de compagnie chez une riche veuve, Mrs Parry.

Lizzie, à peine arrivée dans la grande demeure de Dorset Square, dans le quartier de Marylebone, apprend qu’elle remplace en fait l’ancienne demoiselle de compagnie, Miss Madeleine Hexham, qui s’est apparemment enfuie un matin, et sans dire un mot, avec un bel inconnu. Mais lorsque le cadavre de la pauvre Madeleine est retrouvé dans une maison sur le point d’être démolie, Lizzie décide de mener sa propre enquête, grâce à laquelle elle retrouvera Benjamin Ross, un ami d’enfance devenu Inspecteur.

 

[…]

– Je suis fille de médecin, lui appris-je. Et mon père était souvent appelé pour des accidents à la…

Je m’interrompis. J’allais dire à la mine, mais ici on était à Londres, pas dans le Derbyshire. Que savaient ces hommes des mines de charbon ?

– À la demande des autorités.

– Oui, miss, je vois, fit le cocher.

Je compris toutefois qu’on oublierait pas de sitôt mon manque de retenue.

“Allons, Lizzie ! me morigénai-je. Tiens ta langue ! On est à Londres et on n’y pratique assurément pas la même franchise qu’en province. Si même ce cocher est scandalisé, quelles terribles gaffes risques-tu de commettre en société face à des personnes plus délicates ? “

L’ouvrier, quant à lui, parut amusé par cet échange.

– Dieu vous bénisse, miss ! s’écria-t-il avec entrain. Ce n’est pas un vieux cadavre, c’est un neuf.

Slater lui grommela de se taire, mais puisque ma curiosité inavouable pour cet événement lui avait déjà donné mauvais opinion de moi, je pouvais tout aussi bien poursuivre.

– Que voulez-vous dire ? C’est un accident alors ? demandais-je.

– On a découvert le cadavre d’une femme dans une des maisons démolies, repartit-il avec gourmandise. Un horrible assassinat. On l’avait dissimulé sous une vieille tête de lit. Elle y était depuis quelques semaines, paraît-il. Elle était verte comme un chou et les rats…

– Assez ! tonna le cocher alors que je me sentais pâlir, et coupant ainsi court aux détails déplaisants.

Il eut toutefois l’air satisfait de constater que ces quelques informations s’étaient révélées trop pénibles pour moi. Il me lança un regard qui signifiait : “Voilà qui vous servira de leçon, miss, à vous qui semblez instruite de sujets dont une dame devrait tout ignorer.”

L’agent de police qui réglait la circulation m’évita de perdre totalement la face.

– Avancez ! nous cria-t-il.

L’attente était terminée. Mr Slater regagna son poste, siffla son cheval et nous repartîmes. Je me rassis et reposai sur la banquette mon carton à chapeaux tombé par terre en essayant de m’ôter de l’esprit la description macabre de l’ouvrier. […]

J’ai été captivée par cette histoire du début à la fin et ai vraiment apprécié tous les personnages, particulièrement celui de Lizzie Martin ! J’ai aimé son répondant, son audace, son comportement un peu avant-gardiste en comparaison de celui des autres femmes de l’époque. Une jeune femme indépendante qui tient à sa liberté d’expression comme à sa liberté d’action, et qui affiche ses connaissances dans des domaines jugés peu recommandables pour les femmes.

L’auteure a choisi la première personne du singulier pour Lizzie Martin et Benjamin Ross, qui s’expriment tour à tour tout au long du livre, pour mieux se retrouver, ensemble, dans quelques autres chapitres. J’ai bien aimé ce parti pris, qui je trouve, donne une vision plus détaillée et plus complète au lecteur.

J’ai trouvé le lien avec l’inspecteur Benjamin Ross intéressant ; cet ami d’enfance qu’elle retrouve après de longues années, grâce à cette enquête. Le dernier chapitre suggère qu’ils continueront à se voir, ce qui me ravit !

Vous pouvez déjà le deviner, j’ai pris beaucoup de plaisir à lire cette première enquête de Lizzie Martin ! Les descriptions précises, les dialogues délicats, travaillés, retranscrivent de façon parfaite l’ambiance du Londres du XIXe siècle. De plus, l’intrigue bien maîtrisée tient la longueur, et l’humour subtil est la petite touche qui vient parfaire cet ensemble de qualité.

Une série que je poursuivrai, sans aucun doute ! Ann Granger m’a convaincue, et il me tarde de retrouver à nouveau Lizzie Martin et Benjamin Ross !