“Tout est sous contrôle” de Sophie Henrionnet, une comédie policière à dévorer !

 

Quel bonheur de découvrir la plume de Sophie Henrionnet et cette première aventure d’Olympe McQueen ! Je n’ai pas pu résister à ce petit résumé de l’histoire et cette illustration de couverture qui laisse présager d’une lecture drôle et un brin déjantée !

 

Tout est sous contrôle Sophie Henrionnet

“Tout est sous contrôle” de Sophie Henrionnet, paru aux Éditions Charleston. Photo Monia Boubaker

 

Et si je vous racontais l’histoire d’Olympe McQueen ? 🙂

Olympe Posteur (oui, déjà, là j’ai ri 🙂 ) renommée McQueen (grâce à son désormais ex-mari qu’elle a supplié de lui laisser utiliser son nom), est photographe culinaire. Enfin, plus maintenant. Car après avoir essayé d’empêcher un pauvre homme qui voulait en finir avec sa vie en se jetant dans la Seine, elle n’a donc pu arriver à temps à cette séance photo très importante, rue Montaigne… et se fait donc virer. Olympe se retrouve donc sans emploi alors qu’elle a la charge de sa fille de 12 ans, Aglaé. Ou plutôt est-ce Aglaé qui a la charge Olympe ? Car malgré ses 12 printemps, la jeune fille est bien plus responsable et mature que sa mère, gaffeuse et fantasque ! Olympe implore donc son meilleur ami Hugo et parrain d’Aglaé, qui tient l’agence P&F (Pistages et Filatures) de lui donner un travail au sein de l’agence, juste le temps qu’elle retrouve un autre contrat ou du moins quelques missions. Alors qu’elle insiste sur ses qualités de photographe professionnelle, Hugo accepte mais la prévient qu’elle héritera uniquement des affaires les plus simples. À sa grande surprise, Olympe s’en sort très bien et boucle en un temps record sa première affaire. Évidemment, Olympe ne s’en tiendra pas toujours aux consignes, jusqu’à se mettre bientôt dans des situations plutôt dangereuses…

Tout est sous contrôle” est une comédie policière qui m’a beaucoup fait rire et que j’ai pris énormément de plaisir à lire !

J’ai adoré le personnage d’Olympe, et peut-être encore plus celui d’Aglaé qui est, selon sa mère, une bénédiction ! Je confirme ! 🙂

Difficile de s’ennuyer avec toutes les maladresses d’Olympe, et cette galerie de personnages originaux et drôles, parfois à la limite du loufoque, comme Stella, sosie officiel de Gloria Gaynor, Daphné, Vincent Novak, ou encore Mamie Jeanne, la grand-mère d’Olympe, surnommée Barbara Cartland !

J’ai aussi souri en remarquant ce petit clin d’œil à la série “Friends” avec les titres de chapitres qui commencent par “Celle qui…” 🙂

 

(…) Le rendez-vous était fixé à neuf heures trente, j’étais donc tout à fait dans les temps, et c’est donc relativement de bonne humeur que je claquai la porte de notre appartement. Particulièrement fière d’étrenner cette paire de ballerines d’un magnifique rose poudré achetées la veille une petite fortune, je décidai de me rendre à pied jusqu’à la célébrissime avenue. La pensée de croiser le grand chef Jerôme Durençon, crème de la crème des pâtissiers et la quarantaine plutôt sexy, ajoutait un brin de glamour à la perspective de cette journée. De plus, l’homme était littéralement raide dingue de mes photos.

En certaines circonstances la pluie a du bon. Lorsque l’on se perd dans le désert complètement déshydraté, que l’on voue une passion pour le jardinage ou que l’on s’adonne à la chasse aux escargots, par exemple. Seulement, se retrouver subitement trempée avec des chaussures définitivement plus rose poudré du tout le long des quais de Seine relevait plus du cauchemar qu’autre chose. Mon téléphone vibra sur ces funestes constatations et je me calai entre deux immeubles pour l’extirper de mon sac tout en restant à l’abri des gouttes qui se faisaient chaque seconde plus nombreuses et froides. Le SMS acheva de réduire à néant ma bonne humeur, ainsi que le peu de foi qu’il me restait en mes qualités maternelles :

“Prends un parapluie et ne mets pas tes ballerines. Averses prévues jusqu’à 14h. Bonne journée Mamounette. Aglaé”

(…)

 

Tout est sous contrôle” est un grand coup de cœur ! Une comédie policière vitaminée qui vous donnera le sourire ! Nul doute qu’avec Olympe McQueen, vous passerez un très bon moment de lecture !

Inutile de vous préciser que j’attends avec impatience la seconde aventure de cette détective hors pair ? 🙂 Et j’ai bien envie maintenant de découvrir les autres romans de Sophie Henrionnet !

 

Bali et Olympe McQueen 😉

 

“Les réponses” d’Elizabeth Little : suspense et humour corrosif !

Si vous cherchez un polar intrigant et surprenant, Les réponses d’Elizabeth Little est peut-être celui qu’il vous faut. Pour un polar, c’est une lecture que j’ai trouvée bien différente ; de par la façon dont est traitée l’histoire, dans sa structure, mais aussi par le ton employé : un brin cinglant ! Un polar qui pour moi, se démarque des autres en de nombreux points !

 

Les réponses - Elizabeth Little

“Les réponses” d’Elizabeth Little, paru au format poche aux Éditions 10/18. Photo Monia Boubaker

 

Résumé de l’éditeur :

Après un procès qui a passionné l’Amérique, la jeune Janie Jenkins est reconnue coupable de l’assassinat de sa mère, la très fortunée et très mystérieuse Marion Elsinger. Dix ans plus tard, suite à une enquête sur la manipulation de preuves par le laboratoire de police scientifique de L.A, Janie Jenkis sort de prison. Sa libération scandalise le pays, convaincu de la culpabilité de la riche héritière.

Janie est-elle coupable ou innocente ? Elle-même n’en a pas la moindre idée. Trop ivre la nuit du meurtre, elle n’a plus aucun souvenir de ses faits et gestes. Ne lui reste en mémoire que les deux derniers mots prononcés par sa mère, deux mots mystérieux qui vont la conduire à aller chercher les réponses à toutes les questions qu’elle se pose dans une petite ville du Middle West.

 

Les réponses d’Elizabeth Little est un polar qui m’a captivée dès les premières pages.

J’ai tout de suite accroché au style de l’auteure, et à son humour plutôt brut, incisif. Très cynique, à vrai dire. Et j’ai adoré !

L’histoire est racontée à la première personne du singulier, ce qui permet au lecteur de se mettre instantanément dans la peau de Jane Jenkins.

Le récit est ponctué d’articles de journaux, de retranscriptions de textos, de témoignages enregistrés lors du procès, de brochures, de schémas… Autant d’informations qui donnent une dimension réelle, et un aspect original à l’histoire, tout en renforçant sa crédibilité.

Au cours de la lecture, les doutes quant à la culpabilité de Jane se sont insinués dans mon esprit. Je n’étais sûre de rien. Jane est par moments détestable, ce qui rend son innocence plutôt difficile à croire.

J’ai ressenti sa colère par rapport à ce qu’elle a vécu après son arrestation. Les moments difficiles qu’elle a dû traverser, comme les interrogatoires, le procès, et les longues années de prison. Colère qu’elle cache instinctivement par un humour cinglant avec lequel elle repeint chaque personne qui croise sa route.

Même si au départ, je la trouvais peu sympathique, finalement, au fur et à mesure que j’avançais dans sa quête de vérité, j’en suis venue à lui donner gain de cause, à comprendre, et même excuser son comportement, qui consiste la majeure partie du temps à repousser et dégoûter d’elle les personnes qui tentent de l’approcher.

À travers ses mots, j’ai imaginé cette relation difficile, conflictuelle, qu’elle a eu avec sa mère toutes ces années. Et je me suis attachée à elle. Jane Jenkins est un personnage qui m’a agacée, émue, et fait rire aussi. Avec un humour comme ça, vous verrez, il est difficile de résister… Ce qui est sûr, c’est qu’elle ne vous laissera pas indifférent.

 

(…)

« Qu’est-ce que vous me voulez ? demandai-je

– J’ai des affaires qui ont disparu hier soir.

– Si vous voulez parler de votre cerveau, j’ai bien peur de ne rien pouvoir faire pour vous.

Un serveur passa entre les tables pour débarrasser la salade, et la remplacer par un potage aux palourdes.

Sérieux ? Des palourdes ? Dans le Dakota du Sud ?

« Où étiez-vous ce matin ? enchaîna Léo, imperturbable. Je suis passé à l’auberge à l’heure du petit déjeuner, mais je ne vous ai pas trouvée.

– J’ai fait la grasse matinée.

– J’ai toqué à votre porte.

– Je n’ai pas dû vous entendre.

– Bien tenté. Je suis entré dans votre chambre. Elle était vide.

Je me raidis.

« Vous vous êtes introduit dans ma chambre sans mon autorisation ?

– Je m’inquiétais pour votre sécurité. Vous auriez pu glisser dans la douche, ou vous faire emporter par un courant d’air.

– Et vous avez découvert des choses intéressantes ?

– À part des vêtements qui ne peuvent être que volontairement aussi moches, non. »

Il marqua une pause avant de poursuivre.

« Ce qui veut dire que les choses intéressantes doivent se trouver dans ce sac dont vous ne vous séparez jamais. Ça vous ennuierait que j’y jette un œil ? »

Je haussai les épaules. Comme si j’étais assez conne pour laisser traîner quoi que ce soit de compromettant dans mon sac. Je ne suis pas une débutante. (…)

 

Les réponses est un polar qui fait réfléchir ; et une lecture dont on tourne les pages encore et encore… jusqu’au dénouement, aussi surprenant, inattendu et… terriblement cynique. Toujours.

À travers ce roman qui offre aux lecteurs un suspense grandissant, Elizabeth Little n’épargne personne, pas même son personnage principal.

Moi, j’ai adoré, alors je n’aurais qu’un mot à vous dire : foncez !

“Loin de Berkley Hall” de Coralie Khong-Pascaud

Je tenais à vous parler aujourd’hui d’une lecture très agréable que j’ai faite ces dernières semaines. Pour ce premier roman, Coralie Khong-Pascaud (également auteure du blog “La bulle de Coco“) a été récompensée par le deuxième prix du concours organisé par Librinova et les éditions Charleston, sur le thème de la série Downton Abbey.

Je ne connais que très peu cette série, je me souviens en avoir regardé deux épisodes sans avoir vraiment été convaincue ; je n’avais donc pas poursuivi. Mais la couverture élégante de ce livre et mon attrait pour les histoires racontées aux époques anciennes m’a incitée à découvrir ce premier roman. C’était en tout cas la première fois que j’allais lire un roman historique sans qu’il n’y soit question d’une enquête ou d’un mystère (j’ai découvert il y a peu la plume d’Ann Granger que j’ai adorée).

Loin de Berkley Hall Coralie Khong-Pascaud

Voici quelques mots de l’histoire, proposés par l’auteure :

Angleterre, 1911
Alors que sa sœur cadette s’apprête à faire son entrée dans la bonne société à l’occasion du bal des débutantes, Lady Catherine Davenport sème le trouble sur le domaine familial de Berkley Hall en refusant de se marier.
Éprise de liberté et de reconnaissance, Lady Catherine se rapproche de Lydia, une femme de chambre au caractère bien trempé et qui a du mal à supporter sa condition de domestique.
Ensemble, elles vont décider d’un tout autre chemin…

 

"Loin de Berkley Hall" de Coralie Khong-Pascaud, roman disponible au format ebook sur les sites Librinova, Amazon, Kobo et de nombreux autres e-libraires.

“Loin de Berkley Hall” de Coralie Khong-Pascaud, roman disponible au format ebook sur les sites Librinova, Amazon, et Fnac.com, notamment.

 

Loin de Berkley Hall” est une lecture que j’ai beaucoup aimée. J’ai trouvé le texte vraiment très bien écrit, élégamment servi par une plume délicate et plutôt sensible.

J’ai aimé les détails dont Coralie Khong-Pascaud nous fait part, notamment sur l’apparence et les superbes robes de ces dames ; ainsi que les personnages de Lady Catherine et Lydia qui vont se rendre compte qu’elles ont bien plus en commun qu’il n’y paraît.

La caractère de Lady Catherine, bien trempé pour l’époque, m’a plu. Elle a cette soif d’indépendance, d’aventure, et veut être surprise par la vie, ce qui va à l’encontre de ce que ses parents, Lord Davenport et Lady Fiona, ont prévu pour elle.

 

(…) En s’observant attentivement dans le miroir de sa coiffeuse, Lady Catherine se demandait à qui pouvait bien appartenir ce visage qu’elle se plaisait tant à observer en temps normal. Des cheveux bruns soyeux savamment relevés en un chignon élégant paré de perles fines, une véritable œuvre d’art réalisée par les mains expertes de sa femme de chambre Lydia. Une peau d’albâtre dont seules les pommettes étaient rosies d’un léger pincement effectué du bout des doigts. Un regard de braise heureusement adouci par de longs cils. Un nez fin et délicat, et enfin une bouche en forme de bouton de rose à peine éclos. Un visage de poupée en somme. Lady Catherine ressemblait bel et bien à une poupée de porcelaine, bien apprêtée, bien sage, bien décorative. Une marionnette, même, tant il lui semblait que des fils invisibles et rigides entravaient le moindre de ses mouvements. Sa beauté était bien présente dans le reflet qu’elle interrogeait du regard, mais où étaient passés sa personnalité, ses rêves, son envie de liberté ? Elle avait dû enfouir le tout au fond de son âme pour arborer le masque de jeune fille parfaite que le monde s’attendait à admirer. (…)

 

Loin de Berkley Hall” est disponible au format ebook sur Librinova, Amazon entre autres ; et fait actuellement partie de la Promotion Kindle jusqu’au 2 septembre.

Loin de Berkley Hall” de Coralie Khong-Pascaud est un roman que j’ai pris plaisir à lire, et si vous aimez les récits historiques et les beaux destins de femmes, vous pourriez être séduits 🙂

Un cahier de vacances pour adultes, spécial enquêtes criminelles !

En me baladant dans les rayons de la Fnac avec une amie, à proximité du secteur polars/thrillers (évidemment 😉 ), celle-ci attire soudain mon attention sur ce cahier à la couverture colorée et mentionnant Enquêtes criminelles. Vous pensez bien que je suis allée voir ça de plus près !

Des cahiers de vacances pour adultes aux thèmes différents, voilà qui est une très bonne idée ! Culture générale, énigmes & casse-tête, enquêtes criminelles, jeux de vacances, langue française, ou pour perfectionner son anglais, il y en a pour tous les goûts ! Merci les éditions Marabout !

Bon, vous le devinez, je me suis bien évidemment jetée sur le cahier de vacances Enquêtes criminelles que je me suis empressée de caler dans mes petites affaires avant de boucler ma valise 🙂 J’avais hâte de tester tout ça au bord de la piscine !

 

Cahier de vacances pour adultes Enquêtes criminelles Marabout

Cahier de vacances pour adultes “Enquêtes criminelles”, paru aux Éditions Marabout. 64 pages, 5,99 euros.

 

Ce cahier de vacances est drôlement bien fait ! J’ai vraiment adoré la mise en page qui nous plonge dans l’univers d’un enquêteur, la typo “courrier” employée pour certains textes qui rappelle la machine à écrire du détective privé, sans oublier les pages faussement tachées de café !

Chaque enquête commence avec un texte court intitulé “Les prémisses” qui comme le titre l’indique, raconte le début de l’histoire jusqu’à la disparition ou le meurtre d’un personnage, et qui vous permet de faire connaissance avec la victime et son entourage.

 

Cahier de vacances pour adultes Enquêtes criminelles Marabout

 

Sur la page suivante qui s’intitule “L’enquête“, il s’agit du développement de celle-ci. On fait connaissance avec la personne chargée de l’enquête et sont alors retranscrits les questions posées aux proches, ou aux personnes présentes lors de la découverte du corps.

 

Cahier de vacances pour adultes Enquêtes criminelles Marabout

 

Ensuite, sur la ou les pages suivantes sont présentés les indices et preuves réunis par l’équipe en charge de l’enquête, et c’est donc maintenant que vous entrez en scène ! 🙂 Vers qui les soupçons se dirigent-ils ? À qui profite le crime ? Allez-vous réussir à faire parler les indices et découvrir qui est le coupable ?

 

Cahier de vacances pour adultes Enquêtes criminelles Marabout

 

Chaque enquête a sa solution, que vous pouvez retrouver à la fin du cahier de vacances. Mais le but est de se creuser les méninges, de bien observer, et de ne pas courir trop rapidement à la page Solutions parce que vous êtes trop curieux ! 😉

Et pour m’être lancée dans cette enquête,”Maison de famille“, qui est la deuxième du cahier, je vous avoue que la solution n’est pas toujours simple à trouver ! Il faut tenir compte de tous les éléments évoqués : les témoignages de l’entourage, les dessins représentant le lieu du crime, l’extrait des analyses de certains matériaux, la liste des derniers sites internet consultés par la victime, la découverte de textos… L’enquête demande une certaine attention aux détails, de la patience, et oblige le lecteur à voir plus loin “que le bout de son nez” comme on dit 😉 en l’incitant à supposer, émettre des hypothèses et relier les éléments découverts pour enfin arriver à comprendre.

Une occupation ludique pour les amateurs de mystères et d’enquêtes en tout genre !

En alternance avec un bon polar, moi, j’ai adoré !

“Tu ne manqueras à personne” d’Alexis Aubenque : meurtre dans un lycée de Pacific View…

C’est l’été, et je vous emmène aujourd’hui en Californie,du côté de Pacific View, découvrir une enquête complexe et plutôt délicate du Lieutenant Gregory Davis !

 

Tu ne manqueras à personne Alexis Aubenque

“Tu ne manqueras à personne” d’ Alexis Aubenque, paru aux éditions J’ai Lu. Photo Monia Boubaker

 

Voilà un polar que j’ai lu avec grand plaisir et très vite, au bord de la piscine, entre deux longueurs, accompagnée du chant des cigales 🙂 (Oui, c’était chouette les vacances ! 🙂 )

Tu ne manqueras à personne” est mon premier roman d’Alexis Aubenque, et un roman policier très réussi, je dois dire !

Tout commence dans ce lycée de Pacific View où Lucy Torper, une élève adolescente mal dans sa peau et constamment malmenée par ses camarades, a été retrouvée assassinée dans les toilettes de l’établissement. Récemment arrivé à Pacific View, le Lieutenant Gregory Davis est donc chargé de l’enquête, qui se révèle pour lui délicate, d’autant plus que son fils Raphael fréquente ce lycée. Il se fait aider du sergent Veronica Bloom, amie proche de Faye Sheridan, journaliste au San Francisco Chronicle, qui, intriguée par les détails peu communs du meurtre, insiste pour couvrir l’affaire. L’esprit déjà occupé par l’étrange disparition de sa collègue deux mois plus tôt, Faye prendra tous les risques pour démasquer le meurtrier.

L’affaire n’étant pas abordée de la même façon par les deux protagonistes, Gregory Davis et faye Sheridan, j’ai vu deux facettes de l’enquête, est ai essayé tout au long de l’histoire de connecter les liens et indices. Mais pas facile avec Monsieur Alexis Aubenque qui sème les fausses pistes et les rebondissements, auxquels je me raccrochais à chaque fois ! C’est sûr, je me suis bien fait balader !

Au delà de l’intrigue bien pensée, la construction du polar est elle aussi bien étudiée et très intéressante, car le lecteur se voit offrir différents points de vue, et découvre les pensées et les émotions de plusieurs personnages clés de l’histoire.

J’ai aussi beaucoup aimé ce mystère qui entoure la mort de la femme de Davis, Charleen. Après les dernières pages, il est pour moi évident que le prochain volet nous en apprendra davantage sur le sujet. De plus, le personnage de Gregory Davis paraît complexe, les zones d’ombres sont nombreuses, ce qui m’intrigue et me donne vraiment envie d’en savoir plus.

Un point qui m’a par contre parfois un peu gênée : j’ai trouvé que les élèves du lycée n’étaient pas plus choqués que ça par la façon dont cette pauvre jeune fille a été assassinée. J’aurais voulu que l’auteur insiste plus sur l’horreur de cette situation surtout en ce qui concerne la réaction des personnages, proches ou moins proches de Lucy dans l’histoire. Alexis Aubenque, avec ce livre, pointe aussi du doigt le harcèlement scolaire et les problèmes que peuvent rencontrer les élèves qui “ne rentrent pas dans le moule”, de par leur personnalité ou pire, leur physique.

 

(…) En attendant l’arrivée des experts du CSI, il avait commencé l’audition des élèves les plus proches de Lucy Torper. Le directeur avait fourni aux inspecteurs trois salles de classe qui donnaient sur la cour intérieure. Des effectifs étaient venus en renfort. Un brouhaha funèbre parvenait jusqu’à eux, à ce troisième étage du bâtiment C. Beaver fit entrer une nouvelle lycéenne et resta à l’extérieur.

– Bonjour, comment t’appelles-tu ? demanda Bloom qui se leva pour l’accueillir.

– Megan.

– Tu peux t’asseoir ici si tu veux, dit Bloom en lui désignant un siège, face à Davis.

La jeune fille prit place et Bloom alla se rasseoir à côté du lieutenant.

– Je comprends que tu sois sous le choc, mais nous avons besoin de ton aide pour appréhender ce qui s’est passé. Tu crois que tu peux répondre à nos questions ?

La jeune fille avait les yeux rougis, comme la précédente. Bloom espérait que Megan serait plus en mesure de coopérer que Raquel qui n’avait pas été d’un grand secours. Incapable de formuler une phrase compréhensible au milieu de ses sanglots, elle avait seulement réussi à articuler que Lucy avait été la plus merveilleuse des amies.

– Oui, dit Megan qui renifla un grand coup.

Tu connaissais bien Lucy ? demanda Bloom.

– C’était ma meilleure amie.

– Excuse-moi de te poser la question, mais tu as une idée de qui aurait pu lui en vouloir ?

Le regard de Megan se durcit.

– Tout le monde. Il n’y a que des cons dans ce lycée.

– Pas forcément, dit Bloom.

Raquel avait répondu tout l’inverse.

– Ne faites pas semblant. Vous l’avez bien regardée Lucy ?

Malgré eux, l’image insoutenable de la jeune lycéenne décapitée s’imposa à leur esprit.

– Qu’est-ce que ça veut dire ? demanda Bloom.

– On est des monstres, voilà ce qu’on est ! dit Megan en se désignant à son tour.

Petite, un certain embonpoint, le visage bouffi. Comme Raquel, et Lucy.

– Des monstres ? s’étonna Bloom.

– On est moches, on est des grosses ! Tout le monde se moque de nous. (…)

 

Je n’avais pas lu la première enquête de Gregory Davis et Faye Sheridan, “Ne crains pas la faucheuse“, et “Tu ne manqueras à personne” peut tout à fait se lire indépendamment de ce premier volet. L’auteur ne nous laisse pas dans le noir lorsqu’il parle de ce qui s’est passé avant. Cela dit, pour connaître avec précision la chronologie de certains événements de la vie des personnages principaux, je pense qu’il est préférable de lire d’abord “Ne crains pas la faucheuse“. D’ailleurs, je ne tarderai pas à m’offrir cette petite séance rattrapage, car ce polar d’Alexis Aubenque m’ a vraiment convaincue, autant par la qualité de sa plume que celle de l’intrigue !