Cédric Charles Antoine, un auteur talentueux à découvrir !

Romans cédric charles antoine

J’ai découvert l’auteur Cédric Charles Antoine il y a quelques mois, avec le roman à suspense “Le paradis de Victoria” que j’avais beaucoup aimé pour l’intrigue, mais aussi pour ces descriptions qui m’avaient emmenée en voyage en Tanzanie, puis en Islande. Je vous en avais d’ailleurs parlé sur le blog, dans cette chronique.

Après cette première lecture et ce ressenti très positif, j’ai été alors très tentée, après lecture du synopsis, par “TORSKEN“, un thriller sur fond d’histoire portée par une intrigue bien singulière. J’ai une fois de plus beaucoup aimé cette lecture de l’auteur, très différente de la première. Le récit de “TORSKEN” est vraiment très bien construit, dynamique, et le suspense est présent tout au long du récit, sans s’essouffler. Les personnages sont également très intéressants ; j’ai beaucoup apprécié le tandem Varg Torsken/Simon Clifford, auquel je me suis attachée et qui fonctionne très bien !

 

Torsken format broché

“TORSKEN” de Cédric Charles Antoine, disponible également en format broché.

 

Avec la collection Lordkarsen, qu’il a créée, Cédric Charles Antoine réalise le pari ambitieux de publier un roman par saison. Après déjà quatre romans publiés, cet auteur de talent nous a prouve bien qu’il sait surprendre, attiser notre curiosité, et nous combler, avec des romans tous très différents des uns des autres.

Aujourd’hui, je vous propose de faire plus ample connaissance avec Cédric Charles Antoine, dont le roman “L’exil primitif“, a été nominé en octobre dernier pour le Prix Amazon 2015.

 

Prix Amazon 2015

1/ Tu écris seulement depuis un an et tu as déjà publié quatre thrillers, tous sur Amazon.
Je suis très admirative d’un tel rythme et je remarque que les thèmes en sont très variés. Finalement, aucun ne se ressemble. D’où te vient cette inspiration ?
Depuis mon enfance, j’ai toujours été très créatif avec une imagination sans limites. Alors, quand il s’agit de formaliser un texte, les idées se bousculent et prennent forme dans un condensé d’histoire mêlant voyage, suspense et situation extraordinaire.

 

2/ Écrire est-il désormais ta seule activité ?
J’ai créé en décembre 2014 la collection Lordkarsen afin de diffuser et de promouvoir mes romans de façon professionnelle avec la promesse de publier un nouveau roman chaque trimestre. Aujourd’hui, j’en ai fait mon unique activité.

 

3/ Dans la journée, as-tu un moment favori pour écrire ? Un rituel ?
Le métier d’auteur est une activité passionnante qui vous mobilise en permanence. Entre la création des scénarios, l’écriture, l’infographie, la lecture et la promotion, les journées de travail s’enchaînent sans relâche. Je n’ai pas de rituel particulier, j’exerce mon activité de 8h30 à 20h00, 6 jours sur 7.

 

4/ À partir du moment où tu as trouvé l’idée de l’histoire, comment travailles-tu ?
La création de mes scénarios commence toujours par la réalisation de planches à dessin, de croquis sous forme de mapping afin de visualiser les contours du sujet. L’image est un moyen efficace pour fixer le récit, c’est un peu comme une bande dessinée. Dans un deuxième temps, je réalise l’infographie de la page de couverture afin de synthétiser l’ambiance du livre. Avant de retranscrire l’intégralité des chapitres par écrit, je pratique des séances où je m’isole dans le noir, les yeux fermés, et je laisse mon esprit vagabonder pendant une heure ou deux. Là, les idées se structurent autour d’un film scénarisé dans les moindres détails, les situations importantes sont ainsi mentalisées.

 

5/ Tu as créé une collection que tu nommes « Collection Lordkarsen », et qui promet au lecteur un nouveau thriller à chaque saison. Lordkarsen, pourquoi ce nom ? A t-il une signification particulière ?
Non, ce nom n’a aucune signification particulière. J’ai toujours aimé les romans et le cinéma nordique. Lordkarsen est une simple référence sémantique à cet univers.

 

6/ Cette collection abrite t-elle uniquement tes romans ou envisages-tu plus tard d’y inclure d’autres auteurs ?
La collection est uniquement orientée sur l’édition de mes romans et n’a aucune vocation à promouvoir d’autres œuvres littéraires. C’est autre métier que celui d’écrivain !

 

7/ Les couvertures de tes romans sont toutes dans le même style, ce qui permet au lecteur de reconnaître facilement tes livres. Réalises-tu le graphisme et la mise en page toi-même ?
Le lectorat doit identifier rapidement l’auteur par une charte graphique, une signature littéraire et un contrat de lecture. Toutes mes couvertures sont en noir et blanc, incrustées d’un cartouche de couleur logoté avec mon nom d’auteur. Je réalise intégralement l’infographie de mes couvertures afin d’obtenir un visuel unique.

 

8/ Qu’en est-il pour la relecture et les corrections ?
Depuis mon deuxième roman « L’Exil Primitif », je me suis entouré d’un comité de lecture composé de huit personnes. Dans un second temps, le manuscrit mis en page et corrigé en interne est transmis à une entreprise spécialisée dans la relecture finale. La collection fournit des textes aux normes de l’édition traditionnelle.

 

9/ Tes livres nous emmènent toujours en voyage et c’est ce que j’apprécie particulièrement.
“L’exil primitif” se déroule entre l’Autriche, la Slovénie, les États-Unis ; “Les hurlements de la mémoire” entre la France, les Açores, la Tasmanie ; “Le paradis de Victoria” entre la France, la Tanzanie et l’Islande ; “TORSKEN”  en Amérique latine (Argentine, Chili…).
Dans “Le paradis de Victoria”, par exemple, j’avais trouvé tes descriptions vraiment très belles ; elles m’avaient transportées et permis de visualiser avec précision le “décor” de l’histoire. Ce sont des pays que tu as déjà eu l’occasion de visiter, ou est-ce un gros travail de documentation ?
J’ai eu beaucoup de vies et de métiers différents depuis 25 ans, ce qui m’a permis de voyager dans quelques pays. J’aime les lieux extrêmes comme le Sahara, le cercle polaire, la navigation sur l’océan… mais je n’ai pas visité tous les pays mentionnés dans mes récits. C’est un mélange d’expériences personnelles et de documentation.

 

10/ J’ai remarqué dans les nombreux commentaires positifs de ton dernier thriller, que le personnage de Varg TORSKEN avait été très apprécié. Envisages-tu une suite ou une autre enquête avec ce personnage ?
Je suis assez partisan d’écrire de nouvelles histoires à chaque roman sans faire de lien avec les précédents. Beaucoup de personnes m’ont demandé la suite de « L’Exil Primitif » ou de créer une série avec comme héros « Varg TORSKEN ». C’est une démarche que j’aurais certainement dans quelques années, pour l’instant, je n’y suis pas prêt. J’ai encore besoin de me renouveler par la nouveauté, d’explorer d’autres univers avant de m’installer dans une certaine facilité.

 

11/ Tu viens de publier un nouveau thriller « Le messager du parc », peux-tu nous en dire quelques mots ?
Voici la quatrième de couverture :
Dans un jardin public au cœur de Paris, à l’heure où les joggeurs envahissent les allées, un homme en costume semble affalé, comme prostré, sur un banc. Un vieillard presque aveugle s’arrête devant lui, s’assoit, puis engage la conversation. Une voix apaisante et un sens de l’écoute vont inciter Chris à se confier au vieux borgne. À l’issue d’une longue discussion, l’étranger au crépuscule de sa vie lui suggère une solution inattendue afin de résoudre ses problèmes.
Chris comprend qu’un chemin inexploré se dessine enfin devant lui. Une énergie débordante, absente depuis des mois, l’envahit soudainement et l’encourage à convaincre ses proches d’accepter cette proposition extrême. Sous l’influence du messager, il entame une action spectaculaire pour protéger les siens d’un naufrage annoncé.

Sur fond de scandale politique et d’affaire criminelle hors du commun, un mécanisme irréversible entraînera ce père de famille dans une odyssée dramatique aux confins des Highlands.

 

12/ Quelle est ta lecture du moment ?
Une lecture très éloignée de ce que j’écris. Je suis passionné par l’histoire du 20e siècle : le conflit 39-45 et particulièrement l’Union soviétique.
Ma lecture du moment : L’URSS. De la révolution à la mort de Staline (1917-1953) de Hélène Carrère d’Encausse.

 

Merci beaucoup à Cédric Charles Antoine pour sa gentillesse, et le temps qu’il m’a accordé pour cette interview.

Et si vous ne connaissez pas encore sa plume, je vous invite vraiment à la découvrir, Cédric Charles Antoine pourrait bien vous étonner !

“Le phare mystérieux” d’Anne Loyer, un roman jeunesse d’aventures, drôle et pétillant !

 

Ecrire un roman

 

Ce mois-ci, je vous parle d’une bien jolie découverte aux éditions Bulles de Savon, une maison d’édition que je ne connaissais pas jusqu’à présent et qui m’a réservé une belle surprise avec ce roman jeunesse !

Disposé sur une table à la librairie, aux côtés d’une vingtaine de livres, c’est tout d’abord la très belle illustration de couverture réalisée par Anne Montel, qui m’a attirée. Je me suis donc empressée de feuilleter ce roman jeunesse qui compte moins de 200 pages, et de lire le début du premier chapitre pour me faire une idée.

J’ai tout de suite été emballée par le style d’écriture si particulier, grâce à cet humour irrésistible ! De plus, « Le phare mystérieux » est le premier volet d’une série de récits d’aventures et de voyages présentés sous forme d’escales, avec des personnages nommés Hisse et Ho. Tout ça sentait le coup de cœur à plein nez, et mon flair ne m’a pas trompée !

Allez, je vous parle tout de suite plus en détail de cette belle trouvaille !

 

Le phare mystérieux Anne Loyer

“Le phare mystérieux” d’Anne Loyer, paru aux Éditions Bulles de Savon. Photo Monia Boubaker.

 

Hélios et Athénaïs sont jumeaux, et leur mère, prof de Grec ancien, amoureuse de l’histoire, est donc la responsable pour leurs prénoms peu communs ! Les parents des jumeaux, Marius et Hélène Escampette, ont un rêve depuis des années. Et ce jeudi après-midi, lors d’une très importante réunion familiale, ils leur annoncent qu’ils vont enfin pouvoir réaliser ce rêve qui leur est cher : faire le tour du monde en voilier !

Avec une Athénaïs très emballée et un Hélios plutôt réticent, voilà partie la famille Escampette à bord de l’Olympe ; et leur première destination sera la Bretagne. Ils accosteront sur l’île aux fleurs.

À peine arrivés, les jumeaux enfourchent leurs vélos et partent à la découverte des lieux. Ils remarquent tout de suite ce phare gigantesque qui clignote comme pour leur faire signe. Seulement voilà, un écriteau leur interdit l’entrée et un homme effrayant leur somme de partir, et surtout, de ne plus revenir !

Que cache ce phare mystérieux ?

Et qui est ce curieux personnage qui ne les veut surtout pas dans ses pattes ?

 

Athénaïs, surnommée Hisse, et Hélios, dit Ho, sont les deux voix du livre. Ils s’expriment tour à tour, et chaque chapitre porte le nom du narrateur, avec une particularité : Hisse tient un journal de bord et s’exprime à travers lui.

 

Le phare mystérieux Anne Loyer

 

Le phare mystérieux Anne Loyer

 

L’histoire est dynamique et très divertissante, on ne s’ennuie pas une seconde ! L’écriture est moderne, franche, portée par un humour pétillant !

J’ai aussi beaucoup aimé les dessins en noir et blanc qui illustrent les débuts et les fins de chapitres, ils soulignent l’humour du livre et donne un côté ludique, qui accompagne simplement et parfaitement ce style d’écriture.

 

Le phare mystérieux Anne Loyer

 

(…) Ça y est ! Mon estomac fait des loopings, mon cœur escalade mon œsophage, ça va être la grande marée. Le pigeon farci au foie gras et son espuma de petits pois vont passer par-dessus bord, j’en mettrais ma main à couper… si je n’en avais pas un besoin urgentissime pour m’agripper au bastingage !

Et vous voulez savoir pourquoi je me retrouve, couleur martien, sur un pont de voilier qui oscille dangereusement, véritable hochet agité par les flots ? Il suffit juste de faire une petite marche arrière de quelques semaines. Un temps béni où j’avais encore les deux pieds bien ancrés sur la terre.

À l’époque, (cela me semble déjà terriblement lointain), les vacances se profilaient avec leur soleil à gogo, leurs journées-plage à rallonge, leur rien-à-faire puissance mille. Un vrai bonheur à portée de cartable jeté aux oubliettes. La première année de collège était déjà derrière moi et je me réjouissais de faire ma rentrée en 5e avec tous mes nouveaux copains, du moment que la date butoir était de l’autre côté de l’été, c’est-à-dire invisible à l’horizon.

Bref, j’étais prêt à enfiler mon costume de bulleur estival quand, sans prévenir, un coup de tonnerre a déchiré en deux mon rêve de farniente. (…)

 

Pour que le jeune lecteur puisse bien comprendre certains traits d’humour et les nombreuses métaphores présentes dans le récit, je conseillerais ce roman jeunesse à partir de 11 ans.

Un livre divertissant, drôle… Bref, un régal !

« Le phare mystérieux » peut aussi être raconté, ou lu en lecture commune, en classe par exemple. Il pourrait bien donner envie de lire aux plus réfractaires… !

Pour ma part, une série que je suivrai, sans l’ombre d’un doute ! Surtout quand l’éditeur nous parle déjà de la prochaine escale, le Portugal… !

« Le retour à la terre » de Jean Yves Ferri et Manu Larcenet : la nature, c’est la vraie vie !

En janvier dernier, dans le cadre d’un échange avec Séverine du Blog Herbio’tiful (blog sur le bien-être au naturel), j’avais présenté à ses lecteurs cette bande dessinée, “Le retour à la terre“, et j’avais tout simplement oublié de la publier ici !! Alors, vite, vite, je répare cette erreur !! (Bon, mieux vaut tard que jamais n’est-ce pas ? 🙂 ) et j’espère que vous apprécierez découvrir cette lecture, qui est un vrai trésor d’humour et de simplicité !

 

Le retour à la terre Larcenet

“Le retour à la terre”, tom1 : La vraie vie”, de Jean-Yves Ferri et Manu Larcenet, paru aux Éditions Dargaud, collection Poisson Pilote. Photo Monia Boubaker

 

J’ai découvert « Le retour à la terre », de Jean-Yves Ferri et de Manu Larcenet tout à fait par hasard. Et cet album, une fois entre mes mains, m’a tout de suite attirée. Cette couleur vert anis, attrayante, dynamique ; les dessins de Manu Larcenet (que je connaissais déjà de la série Donjon Parade), ce tome 1 qui se nomme tout simplement « La vraie vie », en plus de cette quatrième de couverture qui laisse bien entrevoir cet humour irrésistible qu’il va nous offrir… Non, vraiment, je n’ai pas hésité une seule seconde ! 🙂

 

 Le retour à la terre de Jean-Yves Ferri et Manu Larcenet

Quatrième de couverture de l’album “Le retour à la terre”, tome 1, de Jean-Yves Ferri et Manu Larcenet, paru aux éditions Dargaud, collection Poisson Pilote.

 

« Le retour à la terre », c’est l’histoire de Manu et Mariette, (et de Speed, leur chat) qui décident de quitter Juvisy, ville de banlieue parisienne, pour aller s’installer à la campagne. Mais attention : la vraie campagne. Celle où l’on est entouré de nature, d’animaux sauvages, où l’on est très loin du premier voisin… et des commerces, aussi. Ils emménagent alors dans ce lieu-dit, « Les Ravenelles ». Si Mariette est heureuse et se fait complètement au changement, Manu, lui, s’empresse dès le premier jour de connecter son ordinateur et autres technologies pour limiter au possible ce dépaysement ô combien radical ! Et oui, pour Manu, il n’est pas si facile de se faire à cette nouvelle vie… ! Parviendra t-il tout de même à l’apprécier ?

Les gags, assez courts, et très nombreux, donnent vraiment une dynamique à cet album, où l’on est témoin de cette progressive désintoxication de la ville, surtout pour Manu !

 

Le retour à la terre Larcenet

Gag “La digitale”, extrait de l’album “Le retour à la terre” tome 1 : la vraie vie.

 

«Le retour à la terre » est un album aux dessins et au scénario irrésistibles ! J’ai beaucoup ri, et certains gags me sont même restés en tête, si bien que je me surprends encore à en rire seule !

 

Le retour à la terre Larcenet

Gag “L’apparition”, extrait de l’album “Le retour à la terre” tome 1 : la vraie vie.

 

Tout y est abordé avec un humour sensible, juste : la découverte de ce nouvel environnement, le « dialecte », et les habitudes des gens du coin, l’apprivoisement de la nature environnante, les « vrais » commerces, l’isolement…

 

Le retour à la terre Larcenet

Gag “Le dialecte”, extrait de l’album “Le retour à la terre” tome 1 : la vraie vie.

 

Ceux ou celles qui vivent, ou ont vécu à un moment donné à la campagne, reconnaîtront certainement quelques situations !

« Le retour à la terre » est une bouffée d’oxygène, un album à lire et à relire, une prescription contre l’ennui, la morosité, et une fois dans notre bibliothèque, un “post-it” permanent qui nous ramène aux jolies choses de la nature, et à la simplicité de la vie, qu’il ne tient qu’à nous de (re)-découvrir…

La chronique du Tome 2, “Les projets“, est accessible ici. Je prévois de craquer pour le troisième volet des aventures de Manu et Mariette très bientôt !

Et oui, je ne peux pas résister… ! 🙂

 

La série « Le retour à la terre » parue en 5 tomes :

– La vraie vie

– Les Projets

– Le Vaste Monde

– Le Déluge

– Les Révolutions

 

Jean Yves Ferri est un auteur, scénariste, dessinateur et coloriste français de bandes dessinées. Outre « Le retour à la terre », il créé également en collaboration avec Manu Larcenet, les albums « Correspondances » et « Le Sens de la vis ».

Manu Larcenet est un auteur français de bandes dessinées. Quelques unes de ses nombreuses réalisations : « Les entremondes », les séries « Blast » et « Donjon Parade » cette dernière réalisée avec Lewis Trondheim et Joann Sfar…

 

 

Livres sacs-à-main et sculptures de livres pliés “Au pli des pages” : de superbes créations pour les amoureux du livre !

Au gré de mes balades sur le Net, j’ai eu le plaisir de croiser un jour les créations de Laurence ; et très admirative de ses réalisations et de son travail autour du livre, j’ai tout de suite eu envie de vous faire découvrir son univers !

Cette grande amoureuse des mots et de la littérature a accepté avec gentillesse de répondre à mes quelques questions et nous parle plus en détail de son travail : des sculptures de livres pliés et des livres transformés en sacs à main.

 

Création Au Pli des Pages minaudieres

Les minaudières, créations Au pli des pages.

 

Création Au Pli des Pages Passion

 

1/ Bonjour Laurence, pourriez-vous, en quelques mots, vous présenter et nous parler de votre travail ?

Je vis au bord de la méditerranée depuis toujours, soit bientôt 40 ans, et au milieu des livres depuis presque aussi longtemps. Aujourd’hui, je crée des sculptures de livres pliés et des livres-à-main.

2/ D’où vous est venue cette idée de réaliser des livres pliés et des livres sacs à main ?

Comme je le disais plus haut, les livres ont toujours fait partie de mon univers. J’aime les textes autant que l’objet qui les contient. Pendant très longtemps j’ai eu tendance, comme beaucoup, à sacraliser autant l’un que l’autre. Mais quand on s’intéresse d’un peu plus près à la chaîne du livre, on sait bien que le contenant n’est qu’un exemplaire parmi des milliers d’autres et n’a que peu de valeur en soi (hormis bien sûr certaines éditions rares ou premiers tirages qui sont inestimables). Quand j’ai décidé de m’attaquer au livre comme support à mes créations, j’avais déjà fait ce cheminement et je voulais montrer quel était le pouvoir de la littérature, quelle puissance contenait cet objet rectangulaire anodin, en faisant jaillir du livre les mots et les images contenus dans le texte. J’aimais aussi l’idée de pouvoir donner à l’objet une seconde vie. C’est pour cela que je travaille la plupart du temps à partir de livres d’occasion. Ce sont des livres que je récupère à la poubelle, dans les vides greniers, chez les bouquinistes, etc.
Mais le plus dur a été de trouver comment concrétiser mon idée. Je voulais que le livre reste entier, ne pas enlever de papier. J’avais déjà vu les créations d’Isaac Salazar. Je savais donc que c’était réalisable, mais il a fallu que j’invente mon propre procédé. J’ai donc passé plusieurs semaines à faire des recherches et des essais avant que ce ne soit concluant. Et encore aujourd’hui, je ne cesse d’améliorer ma technique.
Cette année, j’ai voulu poursuivre mon travail autour de l’objet et, sans doute parce que je suis femme et lectrice, j’aime l’idée d’afficher son addiction à la lecture à travers son sac à main.

 

Création Au Pli des Pages

Les livres à main, créations Au pli des pages.

Création Au Pli des Pages jaganda

Création Au Pli des Pages grim

 

3/ Quelles sont vos sources d’inspirations ?

La littérature bien sûr. J’ai à la maison une bibliothèque dévolue à mes futures sculptures. Je vais y piocher en fonction de mon humeur du moment. Ensuite, ce sont les livres choisis qui vont m’inspirer la forme ou le mot que je vais faire apparaître.

4/ La littérature a t-elle toujours fait partie de votre vie, de votre quotidien ?

Oui. Du moins autant que je m’en souvienne. La littérature a même fait partie un temps de mon univers professionnel même si ce n’est plus le cas actuellement.

5/ Combien de temps est nécessaire pour la réalisation d’une sculpture de livre plié ?

C’est un lent travail de patience. Il faut compter en moyenne entre 20 et 30 heures, mais pour certaines œuvres cela peut aller jusqu’à deux ou trois mois.

 

Création Au Pli des Pages Lire

Création Au Pli des Pages serenite

Création Au Pli des Pages Calme

 

6/ Quelle est la marche à suivre pour vous passer commande d’un livre plié ou d’un livre à main ?

Pour les livres pliés, il y a sur le site une sélection des sculptures disponibles à la vente. Il suffit à ce moment-là de m’envoyer un mail. J’envoie la facture avec les modalités de règlement et la livraison se fait dans la semaine. Je peux également réaliser des sculptures personnalisées. La personne me dit quelques mots sur le destinataire et sa personnalité et j’envoie une étude avec devis. Quand nous nous sommes mis d’accord sur la création, il faut ensuite compte au moins 5 semaines de délai de réalisation.

Pour les livres-à-main, je n’ai pour le moment pas de stock et réalise donc seulement à la demande. Les personnes intéressées m’envoient un mail pour s’inscrire à la liste de diffusion. J’envoie alors régulièrement le catalogue des couvertures et tissus disponibles pour la confection de livres-à-main ou de minaudières.

7/ Le choix du livre, de la couverture est-elle possible pour ce dernier ?

Le catalogue propose justement un choix de couverture. Mais si la question est « peut-on demander un titre en particulier ? » je dirais que cela peut éventuellement se faire si le livre en question respecte certaines contraintes.

 

Création Au Pli des Pages les minaudieres

 

8/ Avez-vous des expositions ou autres manifestations où nous pouvons vous retrouver dans les prochains mois ?

J’ai fait pas mal d’expositions cette année et je réserve ce dernier trimestre à mon atelier. Mais les expositions devraient reprendre en 2016. Il y a sur le site une page dédiée que j’actualise régulièrement.

9/ Qu’aimez-vous lire, et quelle est votre lecture du moment ?

Je lis essentiellement de la fiction mais sous toutes ses formes : littérature française et étrangère, romans, théâtre, poésie, nouvelles, littérature de genre. Je n’ai aucune limite ou a priori, mais il est vrai que j’ai une faiblesse pour le travail de la langue, les voix singulières. Parmi mes dernières lectures, je citerais “Crash Test” de Claro, “Intérieur nuit” de Marissha Pessl ou la relecture de “Malpertuis de Jean Ray.

 

Création Au Pli des Pages tribulations

Minaudière réalisée avec la couverture du livre “Les tribulations d’une jeune divorcée” d’Agnès Abécassis. Création Au pli des pages.

Création Au Pli des Pages tribulations 1

 

Retrouvez les créations de Laurence surAu Pli des Pages“. Pour toute question, demande d’informations ou pour un devis, vous pouvez la contacter directement via son site grâce au formulaire de contact.

Pour suivre son actualité, rendez-vous sur ses pages Facebook et Twitter !

 

Création Au Pli des Pages cabas

Cabas, créations Au pli des pages

“Dernière séance avant minuit” de Christopher Edge : fantômes et frissons !

 

Ecrire un roman

 

Ce mois-ci pour ma chronique jeunesse mensuelle pour le site Écrire Un Roman, j’ai choisi d’emmener nos jeunes lecteurs à la découverte du Londres des années 1900. Et pour fêter Halloween, j’ai trouvé ce roman jeunesse idéal, qui mêle mystère, histoire et frissons, saupoudré de quelques notes de fantastique !

Même si au départ je pensais vous parler de « Douze minutes avant minuit » , c’est finalement le deuxième volet de la série de Christopher Edge paru aux éditions Flammarion, qui m’a le plus attirée : « Dernière séance avant minuit », mettant en scène la même héroïne, Pénélope Tredwell.

 

Dernière séance avant minuit Christopher Edge

“Dernière séance avant minuit” de Christopher Edge, paru aux Éditions Flammarion. Photo Monia Boubaker

 

Pénélope Tredwell a 13 ans, et après la mort de ses parents, elle a hérité du magazine « Le Frisson Illustré » où elle écrit de passionnantes et terrifiantes histoires sous le pseudonyme de Montgomery Flinch. Parce qu’il semblerait bizarre et mal interprété que ces histoires viennent de la plume d’une si jeune fille, Pénélope engage Monty Maples pour être la représentation publique de Montgomery Flinch, notamment lors de lectures publiques. Mais Monty Maples est fatigué de ce rôle qu’il joue et ne rêve que de succès à la hauteur de son talent, dans les plus beaux théâtres. À ce moment précis, débarque au Frisson Illustré, Edward Gold, propriétaire de la Société du Cinématographe Alchimique, qui propose d’adapter à l’écran une des histoires de Montgomery Flinch, « L’héritère des ténèbres » promettant de transformer ce succès littéraire en gloire cinématographique. Monty Maples, aux anges, accepte, assoiffé de gloire, et impatient de devenir cet acteur adulé. Pénélope n’a d’autre choix que de suivre, et est obligée d’admettre que si l’adaptation est réussie, cela pourrait amener de nouveaux lecteurs au journal. Bien que méfiante, le contrat est signé et le tournage commence. Mais bientôt, d’étranges événements se produisent… Qui est vraiment Edward Gold ? Et que cache donc son invention, qu’il appelle le Véritoscope ?

J’ai trouvé ce roman jeunesse particulièrement réussi, avec une écriture aux descriptions et vocabulaire riches, qui nous plongent au cœur de cette époque, en tissant au fil des pages une atmosphère de plus en plus inquiétante.

 

(…) Mais les temps changent, continua Gold. Le public commence à se lasser de voir toujours les mêmes scènes – des films de courses de tortues, de chevauchées à dos d’âne et de combats de boxe. Les scènes de la vie quotidienne, ça ne suffit plus. Le public est avide de distractions plus élaborées. Certains se sont lancés dans des films qui font vaguement peur, des petites frayeurs sans ambition qui vacillent dans les ténèbres ! Mais le public est assoiffé de sensations plus fortes. Des énigmes, des drames, du suspense ; une histoire vraie qui les ensorcèle pendant qu’ils sont rassemblés dans l’obscurité des salles.

Le réalisateur de films fixait Monty d’un regard qui ne cillait pas.

– Des histoires comme les vôtres, M. Flinch, conclut-il.(…)

 

J’ai été emportée par cette histoire dès les premières lignes, et j’ai lu ce roman qui compte 300 pages vraiment très rapidement !

J’ai trouvé aussi très intéressant le fait d’être ramenée à l’époque des débuts du cinématographe, il apporte une note d’histoire que j’ai beaucoup appréciée.

 

(…) Un rayon de lumière argentée jaillit de l’objectif du Véritoscope, colorant le mur d’une teinte sépia. Tournée vers ce qui tenait lieu d’écran, Penny observa le sépia virer doucement au doré. Des volutes tourbillonnantes dérivaient comme des traînées de brume d’un bout à l’autre du mur, bizarrement différentes des lignes noir et blanc strictement définies qu’elle avait vues au spectacle de la fête foraine. Fascinée, Penny regarda ces formes se fondre finalement en masses identifiables et une scène figée surgit soudain à l’écran. Elle retint un cri. (…)

 

Parce que j’ai parfois trouvé le vocabulaire un peu difficile, dû aussi au langage de l’époque représentée, (d’ailleurs, j’ai souvent oublié que Pénélope n’avait que 13 ans !) je conseillerais ce roman jeunesse à partir de 13 ans.

Amateurs du Londres ancien, de spectres, fantômes et autres manifestations mystérieuses, voilà une histoire qui est faite pour vous !